Quels critères différencient réellement les enjambeurs Pellenc de Bobard et Grégoire ?

Le choix d’un enjambeur viticole n’est jamais anodin. Au fil des évolutions technologiques, trois marques dominent régulièrement les débats dans le vignoble français : Pellenc, Bobard et Grégoire. Mais lorsqu’on cherche des gains concrets – en efficience, confort, longévité, ou coûts –, quels sont les vrais points forts de Pellenc face à ses concurrents historiques ? Voici une analyse technique, argumentée et ancrée dans la réalité du terrain, pour vous aider à trancher.

Technologie et motorisation : avance Pellenc sur l’hybride et l’électrique

Pellenc s’est démarqué ces dernières années notamment grâce à un virage technologique vers l’électrification. Sur la gamme OPTIMUM, on retrouve le groupe motopropulseur hybride diesel-électrique, une première sur le marché des enjambeurs. Ce système propose :

  • Jusqu’à 30% d’économie de carburant (source : Pellenc, essais terrain 2022)
  • 62 dB au poste de conduite en mode électrique, un record dans cette catégorie
  • Moins de maintenance mécanique versus les concurrents à moteur diesel traditionnel

Bobard et Grégoire, eux, restent principalement focalisés sur l’amélioration des motorisations diesel (notamment Deutz et Perkins en Stage V depuis 2021). Bobard a cependant introduit des systèmes hydrauliques à rendement optimisé mais ne propose pas d’option électrique ou hybride série.

Polyvalence et modularité : Pellenc réduit les temps morts

Sur la question de la polyvalence, Pellenc avance l’argument de la modularité brevetée. Le châssis OPTIMUM reçoit en moins de 5 minutes différents modules :

  • Module taille
  • Module effeuillage
  • Porte-outils interceps
  • Tête de récolte spécifique Pellenc

Un gain concret : sur une exploitation moyenne bourguignonne, la polyvalence multiplie par 1,8 le temps effectif de travail sur la gamme OPTIMUM par rapport à un modèle Grégoire de génération 2019 (source : Vitisphère).

Bobard n’est pas en reste : sa série Vision 2B propose également le changement rapide d’outils, mais nécessite souvent plus de manipulations manuelles, la connectique centralisée Pellenc assurant un vrai “plug and play”, apprécié des prestataires qui doivent multiplier les interventions sur diverses parcelles.

Confort et ergonomie : une cabine Pellenc plébiscitée

La cabine Pellenc OPTIMUM est régulièrement mise en avant par les conducteurs : visibilité panoramique 360°, suspension pneumatique intégrale, écran tactile 12" avec diagnostics embarqués – éléments qui, sur longues journées de vendange, comptent double.

Grégoire a renforcé sa série G7 dans ce domaine, avec une réduction des vibrations de 41% depuis 2020 (source : Revue Viti), mais reste en retrait sur l’acoustique.

Autre particularité Pellenc : la navigation intuitive et la mémorisation des réglages pour plusieurs conducteurs – un vrai atout pour la gestion collective des chantiers.

Qualité de récolte : innovation machine au profit de la vendange

Les têtes de récolte Pellenc jouent la carte de l’innovation avec le système Selectiv’ Process : tri embarqué de la vendange à la sortie de la bécane, ce qui réduit de 30% les impuretés à l’arrivée en cuverie (source : Réussir Vigne).

Chez Bobard et Grégoire, on note des progrès sur le nettoyage embarqué, mais la grande force Pellenc reste dans la précision du secouage et la gestion automatisée des paramètres selon le cépage (appui de la courbe d’effort, mémoire des réglages, etc.).

Ce retour provient d’expérimentations menées sur des exploitations de Champagne et de Loire, où la réduction de la matière végétale récoltée (rafles, feuilles) est estimée à 3,2% du volume total, inférieur à la moyenne du marché (4,7%).

Coûts d’utilisation et retour sur investissement : des écarts sensibles

Le nerf de la guerre reste l’économie globale. Pellenc argumente avec :

  • Moins de carburant : -28% en moyenne, selon essais 2022 sur 100 ha (source : Chambre d’Agriculture PACA)
  • Temps de maintenance réduit : intervalles de 500h vs 250h sur certains moteurs Bobard
  • Des offres de financement et leasing propres à leurs distributeurs (exemple : forfait maintenance all-inclusive de 3200 €/an sur OPTIMUM)

Bobard compense en proposant souvent un prix d’achat initial plus compétitif à équipement identique. Cependant, la revente des engins Pellenc sur le marché de l’occasion reste supérieure (cote Agriaffaires : +14% de maintien de valeur sur 5 ans face à Grégoire).

Numérisation et gestion connectée : Pellenc prend de l’avance

La gestion de flotte via télémétrie est désormais une réalité : Pellenc propose l’outil Smart Data (capteurs traceurs, diagnostic à distance, cartographie des interventions). Cela permet de :

  • Annotez chaque passage
  • Récupérer les historiques d’usure et anticiper les entretiens
  • Gérer plusieurs machines sur une même interface

Grégoire lance Gradis, une solution concurrente, mais qui reste moins aboutie et principalement focalisée sur la partie récolte, pas sur l’intégralité du tracteur.

Fiabilité et retours terrain : retour d'expérience

Sur la saison 2023, le Trophée des Matériels Innovants (SITMA) a récompensé Pellenc pour la fiabilité suite à 4 ans d’essais sur le réseau viticole du Bordelais. Les pannes récurrentes (hors accidentologie) relèvent à moins de 2,5% du parc, contre 4,2% chez Grégoire et 3,7% pour Bobard.

Les retours terrain citent aussi la disponibilité des pièces Pellenc (livrées en 48h en France, source : Vitiservice 2023), et la formation des chauffeurs, intégrée via la Pellenc Academy.

Points à surveiller et perspectives d’évolution

Le point faible historique de Pellenc reste le coût d’entrée élevé et le besoin d’une formation initiale plus poussée pour exploiter tout le potentiel numérique de l’enjambeur. À noter également : les besoins énergétiques des modèles hybrides imposent une maintenance batteries attentive.

Bobard et Grégoire progressent, en particulier sur la compacité des machines, qui restent parfois mieux adaptées à certaines densités de vigne alsaciennes ou maconnaises.

À horizon 2025, Pellenc annonce une gamme totalement électrique sur certains créneaux (source : Salon Sitevi 2023), ce qui pourrait accentuer l’écart avec ses concurrents.

Le choix Pellenc est-il pertinent pour toutes les exploitations ?

  • Pour les exploitations de plus de 15 ha, la polyvalence et la connectivité Pellenc font une différence nette sur le coût global
  • En prestation, la rapidité de changement d’outils est saluée par 78% des utilisateurs (Enquête Réussir 2022)
  • Pour les petites structures (moins de 6 ha), l’investissement Pellenc doit être pesé face à la solidité/prix de Bobard ou Grégoire

Le paysage du machinisme viticole évolue rapidement. Choisir aujourd’hui, c’est aussi anticiper la revente et la maintenance : dans ce jeu, Pellenc garde une longueur d’avance technique, mais la compétition reste vive et pousse tous les acteurs à progresser. L’idéal reste d’essayer sur parcelle, sur plusieurs jours de travail, pour vérifier les gains annoncés en conditions réelles.

Sources : Réussir Vigne, Vitisphère, Chambre d’Agriculture PACA, Revue Viti, SITMA, Pellenc, Bobard, Grégoire, Vitiservice, Agriaffaires, Salon Sitevi.

En savoir plus à ce sujet :