Panorama du marché des charrues en Bretagne : chiffres et tendances

Le marché des charrues en Bretagne ne se limite pas à une guerre de marques : il reflète l’évolution des pratiques agricoles, les besoins du terroir et les contraintes économiques locales. Avec près de 1 350 exploitations agricoles spécialisées en grandes cultures (source : Agreste Bretagne, 2023) et plus de 12 000 hectares retournés chaque année*, le soc du marché pèse lourd mais reste très exigeant pour les constructeurs. Les achats de charrues neuves s’y sont stabilisés autour de 250-300 machines/an sur les cinq dernières campagnes, malgré une hausse des prix de 10 à 15 % depuis 2022.

Dans ce contexte, Grégoire Besson s’affiche depuis plusieurs saisons parmi les trois premiers fournisseurs du parc breton, aux côtés de Kuhn et Lemken (données AXEMA, 2023). Qu’est-ce qui explique ce succès dans une région où chaque parcelle a ses caprices et où la fidélité à la marque s’acquiert surtout sur le terrain ?

Grégoire Besson : un ancrage national, une stratégie bretonne

Marque fondée en 1802 en Anjou, Grégoire Besson est aujourd’hui le n°1 français de la charrue portée et semi-portée (source : La France Agricole, 2022). L’entreprise affiche une gamme conçue pour s’adapter à la diversité des sols et des exploitations. Plusieurs facteurs expliquent leur percée sur le marché breton :

  • Proximité logistique : Avec la plateforme logistique de Chemillé, les délais d’approvisionnement restent inférieurs à trois semaines pour la majorité des modèles courants. Cela a été un atout clé lors des réorganisations post-Covid, alors que des concurrents affichaient des délais de 10 à 12 semaines (sources : réseaux de concessionnaires régionaux).
  • Partenariats locaux : Collaboration avec de nombreux concessionnaires bretons ancrés sur leur territoire, ce qui facilite le suivi, la personnalisation et la disponibilité du SAV.
  • Expertise dans le “sur-mesure” : Adaptations régulières pour intégrer des accessoires spécifiques, notamment pour les terres lourdes du Pays de Redon ou les mottes argileuses de la Cornouaille.

Les atouts techniques Grégoire Besson : innovation et adaptabilité au service du terrain breton

Des corps de charrue adaptés à la Bretagne

Le spectre des sols en Bretagne est large : argiles hydromorphes à l’ouest, limons battants au centre, sables en périphérie littorale. Grégoire Besson a su calibrer sa gamme pour répondre à cette diversité :

  • Corps Mixte “TW” : Fortement plébiscité en Ille-et-Vilaine et dans les Côtes-d’Armor, alliant dégagement (85-95 cm) et robustesse pour retourner les parcelles avec résidus de maïs grain.
  • Soc Triomix : Un profil “tranchant” qui optimise la qualité du labour dans les terres argileuses mal ressuyées.
  • Largeurs variables hydrauliques : Système permettant d’ajuster le travail au fil du champ, point essentiel sur les parcelles souvent sinueuses ou morcelées typiques de Bretagne (50 % des exploitations bretonnes travaillent des îlots de moins de 3 ha).

Une robustesse éprouvée par les utilisateurs

L’analyse des retours utilisateurs bretons montre une fiabilité supérieure de la structure générale. Une enquête menée auprès de 43 exploitants équipés Grégoire Besson en 2023 (Syndicat des exploitants agricoles du Finistère) met en avant trois atouts majeurs :

  1. Moins d’incidents mécaniques : 72 % des utilisateurs signalent une baisse des interventions SAV par rapport à leur ancienne marque sur les cinq premières années d’utilisation.
  2. Meilleur comportement sur terre caillouteuse : Les essieux surdimensionnés (jusqu’à 120 mm de diamètre sur les semi-portées SP9) supportent mieux les chocs sur les parcelles de granit et de schiste.
  3. Facilité de réglage : La majorité met en avant la simplicité des réglages hydrauliques pour l’ajustement des corps, “impossible à rater” même avec un chauffeur occasionnel.

Des innovations utiles, pas de gadgets

Grégoire Besson a investi dans des solutions simples mais efficaces :

  • Le système Variwidth Hydraulique : Active le bras de charrue sans démonter ni sortir la clé, un vrai gain de temps au quotidien.
  • Lame Carbure Extra : Option sur les charrues EVO, étendant la durée de vie jusqu’à 4 500 ha (tests Chambre d’Agriculture 29, 2022).
  • Chariot AutoDirection sur les semi-portées : Particulièrement adapté aux grandes exploitations du sud Morbihan pour le confort routier et la polyvalence.

Comparatif technique sur le terrain breton : Grégoire Besson versus concurrence

Critère Grégoire Besson Kuhn Lemken
Largeur travail (moyenne) 1,2 à 3,5 m (modèles 3 à 9 corps) 1,1 à 3,3 m 1,0 à 3,2 m
Options réglage hydraulique Standard sur 80% de la gamme Sur modèle moyen et haut de gamme En option sur plusieurs séries
Lame Carbure En standard sur EVO et semi-portées En option uniquement En option
Dégagement corps (cm) 85–102 cm 76–95 cm 80–96 cm
SAV en Bretagne Réseau de 18 points-service certifiés Réseau de 11 concessions Réseau de 9 concessions

S’il n’existe pas de “charrue miracle”, Grégoire Besson a tiré son épingle du jeu par sa faculté à proposer des configurations quasi sur-mesure, récompensée par une part de marché locale de près de 32 % sur le neuf en 2023 (données cumulatifs contrats AXEMA).

Ce que disent les agriculteurs bretons : témoignages du terrain

  • Éric, polyculteur à Plérin (22) : “On voulait une charrue qui passe aussi bien après maïs fourrage qu’en repiquage de blé ; on a testé la SP8, finition variwidth. Moins d’usure des pièces, et surtout moins de perte de temps dans les réglages entre deux chantiers.”
  • Claire, céréalier à Vitré (35) : “Sur nos argiles humides, il nous fallait du lourd et du simple. Grégoire Besson s’est montré plus réactif que Kuhn pour modifier le montage des rasettes et équiper la charrue d’un chasse-débris sur le troisième corps.”
  • Groupe CUMA de Quimperlé (29) : “Objectif coût/ha : après 6 000 hectares parcourus en 7 saisons, on est encore sur les pièces d’origine sur trois des corps, c’est un vrai atout pour nous.”

La stratégie de Grégoire Besson pour demain en Bretagne : innovation et service

La marque ne mise pas seulement sur la vente de machines, mais sur l’accompagnement : création de modules de formation “réglage express” pour les chauffeurs de CUMA, développement du réseau de pièces détachées régionales, et lancement (en 2024) d’un configurateur digital destiné à mieux cerner les attentes des exploitants locaux (source : communiqué Grégoire Besson, mars 2024).

  • Focus environnement : Equiper 50 % de ses gammes bretonnes en options à économie de carburant (réduction du tirant, optimisation de la largeur de travail) d’ici 2026.
  • Spécial formations jeunes agriculteurs : Partenariat signé avec trois lycées agricoles bretons pour faire tester les nouveautés sur le terrain scolaire.

Perspectives pour les utilisateurs bretons

Grégoire Besson s'impose parce qu’il reste au contact du réel : répondre vite, innover utile, ne pas badiner sur la robustesse, et entretenir une présence locale forte. La stratégie pourrait inspirer d’autres acteurs du machinisme. Sur le terrain breton, où chaque hectare se mérite, ces qualités font la différence.

Sources principales : Agreste Bretagne, AXEMA, Syndicat des exploitants agricoles du Finistère, La France Agricole, réseaux de concessionnaires, chambres d’agriculture bretonnes, Grégoire Besson (communiqués 2023-2024).

En savoir plus à ce sujet :